CONSEILS

Prévenir plutôt que guérir !

C’est le moment de nous préparer afin de passer l’hiver sans problème de santé et profiter de cette période d’intériorisation et de réparation.

L’automne est la saison idéale pour préparer notre organisme à entrer dans une phase d’hibernation propice au repos et à la récupération. Malheureusement ce n’est pas souvent le cas et nous sollicitons alors fortement nos défenses immunitaires pour nous adapter à des conditions de vie difficiles et contraires aux lois naturelles. Là où nous devrions ralentir nos activités physiques, réduire les sources de stress et limiter notre consommation alimentaire, nous agissons souvent à l’inverse en maintenant une activité intense et en mangeant parfois même plus que nécessaire, surtout en fin d’année. Nous nous épuisons, notre système immunitaire s’affaiblit, c’est la porte  ouverte aux maladies infectieuses.

Notre organisme est pourtant bien équipé pour se protéger, son système immunitaire, complexe, est en principe prêt à répondre à toutes les agressions  grâce à deux types de mécanismes :

Les défenses non-spécifiques, innées, qui sont un ensemble de réactions visant à protéger l'organisme contre toute substance étrangère et qui interviennent de manière générale.

Les défenses spécifiques, acquises, qui sont un ensemble de réactions adaptées à la défense contre un antigène donné et clairement identifié par le système    immunitaire.

Les défenses non spécifiques sont les premières frontières de l’organisme qui veillent en permanence à ce que des micro-organismes ne pénètrent pas en profondeur notre milieu intérieur. Entre autres, la peau, les muqueuses gastriques, intestinales, vaginales, pulmonaires, sécrètent des substances (mucus, enzymes acides…) assurant cette fonction en détruisant les germes et en les évacuant.

Si cette première barrière est débordée et que des micro-organismes se développent rapidement, les défenses spécifiques sont mobilisées.  Chaque micro-organisme possède des antigènes distincts, le système immunitaire produit alors des lymphocytes  spécifiques (une forme particulière de globules blancs), dans le but de les neutraliser. Un état inflammatoire, de l’œdème, une température corporelle qui augmente rapidement sont des indicateurs de la mobilisation du système immunitaire. On parle alors d’immunité humorale, qui se développe dans le sang, la lymphe, le liquide extra cellulaire et les organes lymphoïdes (ganglions, rate…).

Les agents extérieurs comme les bactéries ou les virus ne peuvent se développer que dans un milieu qui leur est favorable et c’est précisément ce qui se passe lorsque le terrain ou la force vitale sont affaiblis et que le système neuroendocrinien n’est plus capable d’assurer ses fonctions de transmission de l’information et de régulation des grandes fonctions.

Nous pouvons contribuer à renforcer notre système immunitaire en lui apportant tous les nutriments nécessaires à son bon fonctionnement.

L’alimentation doit être la première source quotidienne d’apports en vitamines et éléments minéraux indispensables à nos défenses immunitaires.

La vitamine C est incontournable car sa concentration dans les lymphocytes est presque 10 fois supérieure à l’intérieur de ces cellules que dans le plasma sanguin. Lors d’une agression virale, la présence  de cette vitamine en quantité suffisante est donc essentielle. Afin d’agir préventivement et de maintenir un bon taux de cette vitamine dans l’organisme qui ne la stocke pas, les aliments qui en contiennent beaucoup comme les fruits rouges, les agrumes et les légumes verts doivent être consommés quotidiennement. Chaque jour un jus frais de fruits et de légumes, fait à l’extracteur de jus ou à défaut à la centrifugeuse, permet d’assurer un apport minimum en vitamine C, et en vitamine A (b-carotène) qui renforce nos muqueuses. Une plante de nos régions, l’argousier (en sirop ou en jus) peut être un bon complément en cures régulières de 21 jours en automne et au cœur de l’hiver.

On sait aujourd’hui que les vitamines D3 (Cholecalciferol) et D2 (Ergocalciferol) jouent un rôle important, entre autres, dans le maintien d’une bonne immunité. Cette vitamine est de plus en plus carencée actuellement dans une grande partie de la population et même, selon certaines études récentes, dans les régions du sud de la France et du pourtour méditerranéen, malgré un ensoleillement pourtant idéal. On ne peut se supplémenter en vitamine D, sans avoir préalablement effectué une analyse de sang, mais afin de prévenir toute carence éventuelle, il est important de privilégier une exposition quotidienne  au soleil (entre 11h et 14h en hiver) d’environ 20 minutes afin d’en permettre la synthèse. Le germe de blé, les  champignons (c’est la saison !) les poissons gras et notamment le foie de morue (de bonne qualité), le beurre et le jaune d’œuf en sont les plus grands pourvoyeurs.

Par ailleurs, le magnésium est un des minéraux les plus importants pour notre organisme. De très nombreuses fonctions en dépendent et il participe activement à l’élaboration de nos anticorps. Fruits secs (abricots bio), oléagineux (amandes, noix…), légumineuses, céréales complètes, chocolat noir et crustacés en contiennent particulièrement.

Le fer joue également un rôle essentiel dans l’élaboration de nos globules blancs et de nos globules rouges, améliorant ainsi l’oxygénation cellulaire. Cet élément est très présent dans les fruits de mer, la viande (à consommer modérément), les légumineuses (haricots, pois, lentilles…) et les légumes verts comme le brocoli ou le chou. Il ne peut être correctement assimilé qu’en présence de vitamine C.

La flore intestinale est, avec la peau, la barrière immunitaire la plus importante et nous devons veiller à sa qualité. La consommation de légumes lacto-fermentés (choucroute, betterave…) ou de jus de légumes lacto-fermentés ainsi que de Kéfir ou de Kombu, sont les meilleurs moyens d’optimiser et de soutenir la qualité de notre flore.

La nature nous offre un large choix de compléments naturels qui viendront soutenir nos défenses immunitaires comme le pollen, la propolis, la gelée royale, l’extrait de pépin de pamplemousse ou  l’échinacée. Les huiles essentielles, en usage externe et diluées dans une huile végétale,  peuvent aussi jouer un rôle de protection et de soutien. Le Tea-tree (Melaleuca alternifolia), le Ravintsara (Cinamommum camphora) ou encore les Eucaplyptus (Eucalyptus globulus ou Eucalyptus radiata) seront de bons alliés. D’autres huiles essentielles très efficaces peuvent être appliquées avec les conseils d’un naturopathe compétent.

Dans la mesure du possible, le repos et la réduction de nos activités trop stressantes, une nourriture plus légère, une activité physique douce et pourquoi pas quelques massages ou séances de réflexologie plantaire viendront compléter et accompagner notre préparation pour l’hiver.

Prévenir plutôt que guérir nous est accessible, pour peu que nous agissions au quotidien avec des gestes simples et naturels.

D.Léaud-Zachoval

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